Edmond Bille

Un artiste au coeur du Valais.

Les années neuchâteloises d’Edmond Bille

Exposition à Cernier du 19 au 30 août 2009.

L’ensemble présenté à Evologia recouvre, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort de l’artiste, les périodes “neuchâteloises” de cet enfant de Valangin qui grandit dans le Val de Ruz avant de se former à Genève et Paris, de découvrir le Valais et de s’y installer. L’originalité de cette présentation réside dans le fait que l’artiste s’est fait connaître pour son œuvre inspiré du Valais. L’histoire de l’art a oublié ses années de formation où il est déjà, enfant doué, en possession d’une belle maîtrise du dessin. Il le doit aux innombrables exercices qu’il s’impose en multipliant les croquis d’après nature. En cette fin de 19e siècle, le monde rural de la vallée est en plein essor. Ernest Bille, le père de l’artiste en herbe, y joue un rôle important, allant jusqu’à assumer la direction de l’Ecole cantonale d’agriculture de Cernier de 1897 à 1910. Il est également actif au sein du comité de la Fédération agricole romande.


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Cet environnement inspire au jeune Edmond des scènes de fenaison et de troupeaux paissant dont l’aboutissement est représenté par une grande huile, propriété de l’Ecole cantonale d’agriculture de Marcelin, Morges. Mais l’intérêt du peintre est tout aussi grand pour les évocations historiques. Il rencontre un succès précoce à travers les compositions primées pour la Société d’histoire et d’archéologie du Canton de Neuchâtel (Boudevilliers, 1896) pour le Tir fédéral de Neuchâtel en 1898, la Fête cantonale de gymnastique (Cernier, 1899) ainsi que l’exposition de la Société des Amis des arts (Neuchâtel, 1901). Toutes ces réalisations sont documentées dans la présente exposition. Le second épisode neuchâtelois est de tout autre nature. Nous sommes en pleine Première Guerre mondiale et Edmond Bille, bien que gradé de l’Armée suisse, adopte une attitude citoyenne courageuse. Il crée avec quelques artistes vaudois un journal satirique illustré bimensuel intitulé l’Arbalète qui commente l’actualité brûlante de l’époque en termes libres. La censure n’est pas toujours de leur avis. Certains faits mettent en scène des acteurs de la politique neuchâteloise. Plus engagé encore, le soutien apporté par le peintre devenu valaisan à la figure emblématique du pacifisme, le Chaux-de-fonnier Jules Humbert-Droz, dont il fait un remarquable portrait. Ses relations avec Cernier nous valent, au sortir de cette même guerre, un diplôme remis aux soldats ayant participé à la mobilisation. Dès le début des années vingt, la carrière de l’artiste va connaître une orientation nouvelle, où les arts appliqués auront la part belle. Du vitrail au timbre poste, d’innombrables créations graphiques vont faire d’Edmond Bille un représentant majeur de l’art décoratif suisse. Pour l’industrie de sa vallée d’origine, il crée des projets de pendules, de mobilier, et signe une affiche art déco de fort belle tenue pour Perrenoud SA. Lorsqu’il s’agira de fêter dignement les soixante ans de l’artiste, son canton natal lui offrira les cimaises de son espace d’exposition le plus prestigieux la Galerie Léopold Robert. Il y organise la plus importante présentation d’œuvres jamais montrées à ce jour, une véritable rétrospective qui donne à voir plus de 250 pièces. A cette occasion, le toujours jeune Edmond Bille signe une affiche originale lithographiée sur les presses de Paul Attinger. Les dernières interventions en terre neuchâteloise seront toutes consacrées au domaine du vitrail. Religieux pour l’église de Saint-Blaise, profane pour la salle Hodler du Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel, en l’honneur de Willy Russ, grand admirateur du peintre et ami d’Edmond Bille, et profane encore pour Ebauches SA. Cette réalisation ambitieuse s’intitule La mesure du Temps. Elle date de 1956. C’est l’ultime vitrail du maître.